Aller au contenu principal
01Veille réglementaire

Réforme du DPE : ce que l'arrêté du 16 juin 2025 change à l'examen théorique de certification

L'arrêté du 16 juin 2025 modifie l'examen théorique du DPE : tirage aléatoire des questions, répartition imposée par difficulté, correction automatique.

Rédaction QCM DiagnostiqueurMis à jour le 25 juillet 2026 8 min de lecture

Le DPE relève d'un texte propre, distinct des cinq autres domaines

Avant d'examiner ce que change l'arrêté du 16 juin 2025, il faut poser la base qu'il modifie. Le diagnostic de performance énergétique n'est pas régi par l'arrêté du 1er juillet 2024, qui couvre l'amiante, l'électricité, le gaz, le plomb et les termites. Il a son propre texte : l'arrêté du 20 juillet 2023, NOR TREL2311731A, publié au JORF n° 0178 du 3 août 2023 et entré en vigueur le 1er juillet 2024.

Cette séparation n'est pas une subtilité de juriste. Elle a des effets concrets : le format de l'examen théorique du DPE est intégralement fixé par son texte (aucun des cinq domaines de l'arrêté du 1er juillet 2024 n'est dans ce cas) et c'est le seul dont les modalités ont été refondues en 2025. Tout ce qui suit ne concerne que lui.

Sa durée de validité est de sept ans (art. 4, point 6), comme dans le régime de l'arrêté du 1er juillet 2024 ; c'est à peu près le seul point commun.

Ce que la réforme déplace, et ce qu'elle laisse intact

L'arrêté du 16 juin 2025 ne réécrit pas l'examen théorique du DPE. Il en modifie les mécaniques de tirage et de passation, et laisse en place la structure fixée par l'arrêté du 20 juillet 2023 : le volume des deux modules, leur durée, le seuil de validation, l'origine des questions dans un référentiel national géré par les services du ministre chargé de la construction, et le déroulé en présentiel, en présence d'un surveillant, la réalisation à distance restant interdite. Ces paramètres sont décrits module par module sur la page du domaine DPE ; cette fiche ne les redonne pas.

Ce qui change tient en six dispositions, échelonnées sur trois dates. Les distinguer est exactement ce qui permet de dater un support de révision : un contenu qui en ignore une décrit l'examen d'avant le 1er juillet 2025.

Un mot, au passage, sur la règle du présentiel, souvent mal restituée. Elle interdit de passer l'examen à distance ; elle n'interdit pas de réviser en ligne. La confusion est fréquente et alimente des affirmations fausses sur ce qui est ou non permis pendant la préparation.

Ce que l'arrêté du 16 juin 2025 introduitEntrée en vigueur
Questions générées aléatoirement, au moment de l'examen, pour chaque candidat1er juillet 2025
Répartition imposée des questions par thème et par niveau de difficulté1er juillet 2025
Formation initiale datant de moins de 18 mois à la demande de certification1er juillet 2025
Contrôle de l'organisme certificateur au moins une fois tous les dix mois1er juillet 2025
Délai de carence de 18 mois après retrait de certification, porté à 24 mois en cas de nouveau retrait sous dix ans1er octobre 2025
Examen théorique réalisé sur outil numérique à correction automatique1er novembre 2025
Arrêté du 16 juin 2025 (NOR ATDL2513472A), articles 1er et 2. Le volume, la durée et le seuil des deux modules restent ceux de l'arrêté du 20 juillet 2023.

Le tirage aléatoire des questions à l'instant de l'examen

C'est la première modification apportée par l'arrêté du 16 juin 2025 (NOR ATDL2513472A, publié au JORF n° 0140 du 18 juin 2025). Les questions ne sont plus servies depuis un sujet préétabli : elles sont générées de manière aléatoire, au moment de l'examen, pour chaque candidat, à partir du référentiel national.

La portée est double. D'abord, deux candidats d'une même session ne composent plus sur le même sujet. Ensuite, et c'est le point qui compte pour préparer : il n'existe plus de « sujet de la session » qu'un candidat pourrait rapporter et qu'un autre pourrait travailler. La circulation de questions prétendument restituées de mémoire perd le peu de sens qu'on pouvait lui prêter, et elle reste, en tout état de cause, une violation des engagements de confidentialité pris par le candidat.

La seule conséquence exploitable pour réviser est celle-ci : la couverture du référentiel doit être complète. Un tirage aléatoire ne laisse aucune place au pari sur les thèmes.

Une répartition imposée par thème et par niveau de difficulté

Deuxième modification, et la plus directement utile à un candidat : le tirage n'est pas libre. L'arrêté du 16 juin 2025 impose une répartition des questions par thème et par niveau de difficulté.

Pour le module sans mention, les 75 questions se répartissent en 15 questions faciles, 36 moyennes et 24 difficiles. Pour le module d'extension à la mention, les 35 questions se répartissent en 6 faciles, 17 moyennes et 12 difficiles.

Ce qu'il faut en tirer : dans les deux modules, les questions de niveau « difficile » représentent environ un tiers de l'épreuve (32 % sans mention, 34 % avec mention). Avec un seuil fixé à plus de 75 % de bonnes réponses, un candidat qui maîtrise les questions faciles et moyennes mais échoue sur la totalité des difficiles plafonne à 68 % sans mention. Le calcul suffit à montrer que le niveau difficile n'est pas une réserve de points bonus : il est nécessaire à la validation.

ModuleFacilesMoyennesDifficilesTotal
Sans mention15362475
Extension à la mention6171235
Répartition imposée par l'arrêté du 16 juin 2025, en vigueur au 1er juillet 2025.

L'examen sur outil numérique à correction automatique

Troisième modification : l'examen théorique est désormais réalisé par l'organisme de certification accrédité au moyen d'un outil numérique d'évaluation et de correction automatique.

C'est la disposition dont l'entrée en vigueur a été la plus tardive. L'article 2 de l'arrêté du 16 juin 2025 fixe l'entrée en vigueur générale au 1er juillet 2025, à l'exception du 7° du III de son article 1er, qui entre en vigueur le 1er novembre 2025, et des a, c, d et e du 11° du III, qui entrent en vigueur le 1er octobre 2025. La numérisation de l'examen relève de ce report au 1er novembre 2025.

Effet pratique : la copie n'est plus corrigée à la main, le résultat n'est plus une appréciation. C'est un décompte. Il n'y a ni point de présentation, ni bénéfice du doute sur une réponse partiellement juste. Cette mécanique est un argument pour s'entraîner en conditions de temps réelles plutôt que de traiter des questions isolées sans contrainte de durée.

Ce qui change autour de l'examen : contrôle, carence, QR code

Le même arrêté du 16 juin 2025 modifie plusieurs éléments du cadre de certification qui, sans porter sur les questions, pèsent sur le parcours d'un candidat et d'un certifié.

L'organisme certificateur est lui-même contrôlé au minimum une fois tous les dix mois par l'instance d'accréditation. La cadence de surveillance des certificateurs est donc resserrée.

Le délai de carence après retrait de certification passe de 6 à 18 mois, et un nouveau retrait intervenant dans un délai inférieur à dix ans porte l'interdiction à 24 mois. Cette disposition entre en vigueur au 1er octobre 2025. Elle est régulièrement présentée à tort comme un « délai de renouvellement » : il n'en est rien. Elle ne concerne que le retrait de certification, pas l'échéance normale du cycle, ni l'échec à un examen.

Le certificat comporte en première page un lien au format QR code permettant d'en vérifier la validité, et la liste des diagnostiqueurs certifiés est rendue publique.

La formation initiale doit dater de moins de 18 mois au moment de la demande de certification. Un candidat qui laisse s'écouler trop de temps entre sa formation et son inscription à l'examen perd le bénéfice de celle-ci.

L'autre arrêté du 16 juin 2025 : le rapport et l'affichage des étiquettes

Un second arrêté du 16 juin 2025 a été publié le même jour. Il ne modifie pas les critères de certification mais les arrêtés du 31 mars 2021 relatifs au DPE et aux méthodes applicables. Ses effets sont visibles sur le terrain, et ils sont évaluables au QCM au titre de la production du rapport.

À compter du 1er juillet 2025, le diagnostiqueur présente au client, lors de la visite, le QR code permettant de vérifier la validité de sa certification.

À compter du 1er septembre 2025, un QR code de l'ADEME figure en première page du rapport et renvoie vers la page dédiée au bien sur le site de l'agence.

À compter du 1er octobre 2025, le logiciel n'affiche plus les étiquettes énergie et climat ni les données associées tant que le diagnostic n'a pas été transmis à l'ADEME. La conséquence opérationnelle est directe : il n'est plus possible d'annoncer une étiquette au client avant la transmission du rapport. L'étiquette cesse d'être un résultat provisoire discutable sur place.

Ce que cette réforme change à la préparation du QCM

Trois conclusions se déduisent du texte, sans avoir à spéculer.

La couverture doit être exhaustive. Un tirage aléatoire par candidat, dans un référentiel national, interdit de miser sur des thèmes. Chaque thème du référentiel de compétences est susceptible de tomber à chaque session.

Le niveau difficile est structurellement nécessaire. La répartition imposée le rend arithmétiquement indispensable pour franchir le seuil de plus de 75 %.

La date d'une source détermine sa valeur. Un support de révision qui décrit l'examen DPE sans mentionner le tirage aléatoire, la répartition par difficulté ou la correction automatique décrit l'état du droit d'avant le 1er juillet 2025. Sur ce domaine, une information non datée est une information à vérifier.

Dernier point, et il vaut mieux le dire ici qu'en note de bas de page : ce site prépare l'examen théorique. L'examen pratique du DPE, refondu au 1er janvier 2026, se déroule sur un bâtiment réel et n'est pas simulable en ligne.

Continuer la lecture