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01Domaines de certification

Lois générales de l'électricité : le socle de physique exigible au QCM du domaine électricité

Tension, intensité, résistance, puissance, effets du courant sur le corps humain : ce que l'annexe III, § 2.5.1 exige de savoir au domaine électricité.

Rédaction QCM DiagnostiqueurMis à jour le 26 juillet 2026 10 min de lecture

Le seul programme de l'annexe III qui commence par de la physique

Le programme de l'examen théorique du domaine électricité est fixé par l'annexe III, § 2.5.1 de l'arrêté du 1er juillet 2024. Il comporte six exigences de connaissance, et la première n'a d'équivalent dans aucun des quatre autres domaines régis par ce texte.

Les programmes du plomb (§ 2.1.1), de l'amiante (§ 2.2.1), des termites (§ 2.3.1) et du gaz (§ 2.4.1) s'ouvrent tous, à la variante de rédaction près, sur la même exigence : la connaissance des différentes structures et des principaux systèmes constructifs, de la terminologie technique tout corps d'état et de la terminologie juridique du bâtiment (les rédactions du gaz et des termites la rapportant en outre à leur matière propre). Le § 2.5.1 ne la reprend pas. Il s'ouvre sur les grandeurs physiques.

Ce n'est pas un détail de rédaction. Cela signifie qu'un candidat qui aborde l'électricité avec la méthode de révision des autres domaines (histoire du matériau, réglementation, méthode de repérage) travaille à côté du premier tiret de son propre programme.

« La personne physique candidate à la certification démontre qu'elle possède les connaissances requises sur : les lois générales de l'électricité : tension, intensité, courant continu, courant alternatif, résistance, puissance, effets du courant électrique sur le corps humain. »
Arrêté du 1er juillet 2024, annexe III, § 2.5.1, premier tiret

Tension, intensité, résistance : une relation, trois façons d'agir sur le risque

Les trois premières grandeurs nommées par le § 2.5.1 ne sont pas indépendantes. La tension appliquée à un conducteur, la résistance qu'il oppose au passage du courant et l'intensité qui le traverse sont liées par la relation d'Ohm : la tension est égale au produit de la résistance par l'intensité. C'est la grille de lecture qui rend intelligible l'ensemble du domaine.

Elle explique pourquoi le corps humain, dont la résistance n'est ni constante ni élevée, laisse passer une intensité qui dépend directement de la tension à laquelle il est soumis. Elle explique aussi pourquoi la résistance d'une prise de terre est une grandeur que le référentiel demande de savoir mesurer : une prise de terre trop résistante ne dérive pas le courant de défaut, et la partie métallique accessible reste portée à une tension dangereuse.

À retenir dans cette logique : le paramètre que la sécurité des personnes cherche à contenir n'est pas la tension, qui est imposée par le réseau, mais l'intensité susceptible de traverser un corps, et la durée pendant laquelle elle le traverse. Deux des fonctions que le domaine contrôle agissent directement sur ces termes : la fonction différentielle, qui coupe le circuit dès qu'une fraction du courant s'échappe, et la mise à la terre, qui écoule le courant de défaut au lieu de le laisser passer par un corps.

Courant continu, courant alternatif : pourquoi le référentiel nomme les deux

Le § 2.5.1 nomme le courant continu et le courant alternatif comme deux connaissances distinctes. La distinction est physique : le courant alternatif change périodiquement de sens, le courant continu circule dans un seul sens à valeur sensiblement constante. La distribution publique d'électricité en France est alternative ; le continu se rencontre notamment dans les installations de production photovoltaïque et dans le stockage par batteries.

Le deuxième tiret du même paragraphe précise le champ dans lequel ces connaissances sont mobilisées : les règles fondamentales de sécurité qu'il vise sont celles qui protègent les personnes contre les dangers pouvant résulter de l'utilisation normale « d'une installation électrique à basse tension ».

Cette distinction commande également la lecture de deux exclusions du champ de la mission, traitées dans la fiche Points non vérifiés et limites de mission : les installations de production ou de stockage par batteries, et les circuits de communication alimentés en permanence sous très basse tension. Un candidat qui ignore la frontière continu / alternatif ne comprend pas pourquoi la seconde de ces deux exclusions est bornée par deux seuils de tension distincts, l'un pour l'alternatif, l'autre pour le continu.

Puissance et section des conducteurs : la grandeur qui relie le confort au risque d'incendie

La puissance est la dernière grandeur nommée avant les effets sur le corps humain. En courant continu, elle est le produit de la tension par l'intensité ; en alternatif, ce produit donne la puissance apparente, dont la puissance active se déduit par le facteur de puissance. La conséquence est la même dans les deux cas : à tension de réseau donnée, appeler plus de puissance revient à faire circuler plus d'intensité dans les conducteurs.

C'est le point où le programme théorique rejoint directement l'un des points de contrôle réglementaires. L'article R. 126-36 du code de la construction et de l'habitation impose de relever l'existence et de décrire les caractéristiques « d'un dispositif de protection contre les surintensités adapté à la section des conducteurs, sur chaque circuit ». L'adéquation exigée n'est pas entre la protection et l'appareil alimenté : elle est entre la protection et la section du conducteur.

La raison est thermique. Un conducteur traversé par une intensité supérieure à celle que sa section permet d'écouler s'échauffe, et l'échauffement est un facteur d'incendie. Le dispositif de protection contre les surintensités protège donc le conducteur, pas la personne. Le deuxième tiret du § 2.5.1 distingue d'ailleurs nommément deux objets parmi les règles fondamentales à connaître : « protection contre les chocs électriques et les surintensités ».

Les deux protections ne sont donc pas interchangeables. Chaque point de contrôle est rattaché à la fonction de sécurité qu'il assure dans la fiche consacrée aux six points de contrôle.

FonctionCe qu'elle protègeGrandeur sur laquelle elle agit
Protection contre les surintensitésLe conducteur, contre l'échauffementL'intensité admissible au regard de la section du conducteur
Fonction différentielleLa personne, contre le choc électriqueL'écart entre l'intensité entrante et l'intensité sortante du circuit
Mise à la terreLa personne, en écoulant le courant de défautLa résistance du circuit de terre
Lecture des trois fonctions à partir des grandeurs nommées au § 2.5.1 et des points de contrôle de l'article R. 126-36 du code de la construction et de l'habitation.

Les effets du courant électrique sur le corps humain

Le § 2.5.1 clôt son premier tiret sur cette exigence, et il la nomme sans la définir. C'est le seul des sept items du tiret qui porte sur le corps humain et non sur l'installation : il ne relève ni de la réglementation du diagnostic, ni de la technologie des matériels.

Le fait déterminant est celui-ci : ce n'est pas la tension qui blesse, c'est l'intensité qui traverse le corps, pendant une certaine durée et selon un certain trajet. La résistance du corps humain n'est pas une constante : elle varie avec l'état de la peau, l'humidité, la surface de contact et le trajet emprunté entre les deux points de contact. À tension identique, deux situations de contact ne produisent donc pas le même courant.

La terminologie, elle, n'est pas synonymique. L'électrisation désigne le passage d'un courant électrique à travers le corps, avec des effets qui vont de la contraction musculaire à la brûlure profonde et à l'arrêt cardiaque. L'électrocution désigne l'électrisation d'issue mortelle. Employer l'un pour l'autre est une erreur de vocabulaire.

Deux paramètres commandent la gravité : l'intensité et le temps. Un dispositif différentiel agit sur les deux : il détecte la fuite de courant et coupe le circuit. Le tiret suivant du § 2.5.1 demande précisément de savoir mesurer son seuil de déclenchement.

Les trois mesurages que le référentiel nomme

Le troisième tiret du § 2.5.1 est le plus précis du programme : il ne demande pas de connaître « les méthodes de mesure » en général, il nomme trois mesurages.

« Les méthodes d'essais permettant, au moyen d'appareils de mesures et d'essais appropriés, de s'assurer de l'efficacité de la mise en œuvre des règles fondamentales de sécurité : mesure de la valeur de la résistance de la prise de terre, mesure de la résistance de continuité des conducteurs de protection et d'équipotentialité, mesure du seuil de déclenchement des dispositifs différentiels. »
Arrêté du 1er juillet 2024, annexe III, § 2.5.1, troisième tiret
  • Résistance de la prise de terre : elle conditionne la capacité du circuit de terre à écouler un courant de défaut sans que les masses accessibles restent portées à une tension dangereuse. Une valeur trop élevée rend la protection inopérante alors même que le conducteur existe.
  • Résistance de continuité des conducteurs de protection et d'équipotentialité : elle établit que le circuit de protection est effectivement continu, d'un bout à l'autre. Un conducteur présent mais interrompu ne protège rien : la mesure sert à distinguer la présence de l'efficacité.
  • Seuil de déclenchement des dispositifs différentiels : elle établit que le dispositif coupe effectivement pour un courant de défaut au plus égal à sa sensibilité annoncée. La sensibilité inscrite sur l'appareil est une caractéristique déclarée ; le seuil mesuré est un comportement constaté.

La technologie des matériels, et les règles de sécurité propres à l'opérateur

Les trois derniers tirets du § 2.5.1 achèvent le socle.

Le quatrième tiret exige la connaissance de « la technologie des matériels électriques constituant une installation intérieure d'électricité : fusibles, disjoncteurs, fonctions différentielles, interrupteurs, prises de courant, canalisations ». L'énumération est significative : elle sépare les disjoncteurs des fonctions différentielles, qui sont deux objets techniques distincts même lorsqu'un même appareil les combine.

Le cinquième tiret porte sur « les règles relatives à la sécurité propre du diagnostiqueur et des personnes tierces lors du diagnostic : connaissance et mise en œuvre des prescriptions de sécurité à respecter pour éviter les dangers dus à l'électricité dans l'exécution du diagnostic ». Il ne s'agit pas de la sécurité de l'occupant après la visite, mais de celle de l'opérateur et des tiers pendant la visite. C'est une exigence de connaissance à part entière, et elle est cohérente avec l'article 2 de l'arrêté du 28 septembre 2017, qui impose à l'opérateur de recueillir auprès du donneur d'ordre son autorisation « à prendre toutes dispositions pour garantir la sécurité des personnes durant la réalisation de l'état ».

Le sixième tiret, enfin, renvoie aux « méthodes de diagnostic des installations intérieures d'électricité », c'est-à-dire à la méthodologie de l'arrêté du 28 septembre 2017 et aux règles de l'art auxquelles se réfère la profession, dont la norme NF C 16-600. Nous en citons la référence ; nous n'en reproduisons ni tableau, ni extrait, ni annexe.

Ce que ce programme ne dit pas, et où le vérifier

Le § 2.5.1 fixe ce qui peut être demandé. Il ne fixe pas combien de questions seront posées, en combien de temps, ni à partir de quel score le candidat est reçu. Pour les cinq domaines de l'arrêté du 1er juillet 2024, ces paramètres relèvent du dispositif particulier de chaque organisme certificateur ; le sujet est traité dans la fiche Examen théorique de certification : ce que le texte fixe et ce qu'il laisse au certificateur. D'autres lanes du site relèvent d'un texte qui fixe lui-même le format ; l'électricité n'en fait pas partie.

Le programme ne dit pas non plus ce que le diagnostic contrôle : cette liste est ailleurs, à l'article R. 126-36 du code de la construction et de l'habitation, détaillé dans la fiche Les six points de contrôle.

Le § 2.5.2 traite, lui, de l'examen pratique : le candidat doit démontrer qu'il « est capable de mettre en œuvre une méthodologie de réalisation des états de l'installation intérieure d'électricité et d'utiliser les outils dédiés à l'activité » et qu'il « sait rédiger des rapports en langue française ». Cette épreuve suppose un bâtiment et des instruments : elle n'est pas simulable en ligne, et nous ne la préparons pas.

Le périmètre du domaine et les banques de questions correspondantes sont sur la page électricité ; le suivi des évolutions de textes sur la page veille.

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