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01Certification et cycle

Examen théorique de certification : le format n'est réglementé que pour le DPE

L'arrêté du 1er juillet 2024 ne fixe ni nombre de questions, ni durée, ni seuil pour cinq domaines. Le DPE, lui, est réglementé par son propre texte.

Rédaction QCM DiagnostiqueurMis à jour le 25 juillet 2026 7 min de lecture

Ce que dit exactement l'annexe I, § 4.1.3.1

Le point le plus mal compris de la certification des diagnostiqueurs tient en deux phrases. Pour les cinq domaines régis par l'arrêté du 1er juillet 2024 (amiante, électricité, gaz, plomb, termites), l'annexe I, § 4.1.3.1 décrit l'examen théorique dans son intégralité de la manière suivante.

« L'examen théorique est décomposé en deux modules : l'un pour la certification sans mention ; l'autre pour l'extension de périmètre à la certification avec mention. Chaque module ne peut pas être fractionné. »
Arrêté du 1er juillet 2024, annexe I, § 4.1.3.1

Le programme est fixé, le format ne l'est pas

Cette absence de paramètre chiffré ne signifie pas que l'examen théorique est laissé à la discrétion des organismes sur le fond. La distinction à tenir est celle du programme et du format.

Le programme est fixé, et il l'est de manière détaillée. L'annexe III de l'arrêté du 1er juillet 2024 énumère domaine par domaine les connaissances sur lesquelles le candidat doit démontrer sa maîtrise, dans des sous-sections distinctes : § 2.1.1 pour le plomb, § 2.2.1 pour l'amiante, § 2.3.1 pour les termites, § 2.4.1 pour le gaz, § 2.5.1 pour l'électricité. Ces listes sont opposables et constituent le référentiel de révision réel.

Le format, lui, n'est pas fixé : ni le nombre de questions posées sur ce programme, ni la durée allouée, ni le seuil retenu. Un candidat sait donc précisément ce qui peut lui être demandé, mais pas combien de questions lui seront posées ni à partir de quel score il sera reçu.

Le contenu de ces programmes par domaine est décrit sur les pages de domaine, par exemple amiante, gaz ou plomb.

Qui fixe alors le nombre de questions, la durée et le seuil

À défaut de paramètre réglementaire, ces valeurs relèvent du dispositif particulier de certification de chaque organisme certificateur. L'annexe I, § 1.1 de l'arrêté impose à chaque organisme de se doter d'un comité de pilotage de la certification, comprenant au moins un représentant des utilisateurs (associations de consommateurs, notaires, agents immobiliers, syndics) et un représentant des organisations professionnelles, réuni au moins tous les deux ans. C'est dans ce cadre que sont arrêtées les modalités concrètes de l'examen.

La conséquence est directe : deux candidats qui passent le même domaine auprès de deux organismes différents peuvent affronter deux formats différents, sans qu'aucun des deux ne soit irrégulier. Les durées et les seuils publiés par les organismes sont des informations commerciales, susceptibles d'évoluer sans préavis ni historisation : un chiffre relevé sur une page produit il y a deux ans n'engage plus personne aujourd'hui.

La même indétermination vaut pour le rattrapage. L'arrêté du 1er juillet 2024 ne fixe ni le nombre de tentatives autorisées, ni le délai entre deux tentatives, ni le coût d'une seconde présentation. Ces conditions relèvent également du dispositif de l'organisme, et elles constituent une différence économique réelle entre deux organismes qui affichent par ailleurs le même prix d'examen.

Il faut aussi relever ce que ces informations ne comportent pas. Les organismes certificateurs transmettent aux ministères un rapport annuel d'activité avant le 31 mars de chaque année (annexe I, § 1.2), mais aucune statistique publique de réussite aux examens de certification n'est publiée à ce jour. C'est l'une des raisons pour lesquelles ce site n'affiche aucun taux de réussite, ni national ni interne : il n'en existe aucun de vérifiable par le lecteur.

Nous ne nommons aucun organisme certificateur et ne relayons aucun de leurs paramètres comme s'il s'agissait d'une règle générale. Ce serait transformer une pratique d'entreprise en norme.

Le DPE : un examen théorique intégralement réglementé

Le diagnostic de performance énergétique échappe à cette indétermination, parce qu'il relève d'un autre texte. L'annexe I, § 2.2.3.1 de l'arrêté du 20 juillet 2023 fixe tous les paramètres, et ils s'imposent à tous les organismes certificateurs.

L'examen se déroule en présence d'un surveillant. Sa réalisation à distance est interdite : ce n'est pas une préférence d'organisme, c'est une disposition du texte.

Ce n'est pas le seul cas : l'audit énergétique réglementaire, qui n'est ni un domaine de certification ni une mention mais une extension du périmètre de la certification DPE, voit lui aussi son examen théorique intégralement fixé par son propre texte, le décret n° 2023-1219 du 20 décembre 2023, annexe II, A.

Module DPEQuestionsPropositionsDuréeSeuil
Sans mention754 par question90 minutes en continuplus de 75 % de bonnes réponses
Extension à la mention354 par question45 minutes en continuplus de 75 % de bonnes réponses
Arrêté du 20 juillet 2023, annexe I, § 2.2.3.1.

Depuis l'arrêté du 16 juin 2025 : référentiel national et tirage aléatoire

L'arrêté du 16 juin 2025 a modifié l'arrêté du 20 juillet 2023 sur trois points qui changent la nature de l'épreuve DPE.

D'abord, les questions sont issues d'un référentiel national et sont générées de manière aléatoire, au moment de l'examen, pour chaque candidat. Ce référentiel est géré et maintenu par les services du ministre : il n'est pas public, et personne ne peut légitimement prétendre en reproduire le contenu.

Ensuite, l'examen est réalisé au moyen d'un outil numérique d'évaluation et de correction automatique.

Enfin, la répartition des questions par niveau de difficulté est imposée : sur les 75 questions du module sans mention, 15 faciles, 36 moyennes et 24 difficiles ; sur les 35 questions du module d'extension à la mention, 6 faciles, 17 moyennes et 12 difficiles. Les dispositions de cet arrêté modificatif sont entrées en vigueur de façon échelonnée aux 1er juillet, 1er octobre et 1er novembre 2025.

Module DPEFacilesMoyennesDifficilesTotal
Sans mention15362475
Extension à la mention6171235
Répartition imposée par l'arrêté du 16 juin 2025.

Le seuil du DPE : « plus de 75 % », et ce que cela donne en nombre de questions

Le texte n'exprime pas le seuil en nombre de bonnes réponses mais en pourcentage, et il retient une inégalité stricte : plus de 75 %. La conversion en questions se fait donc par arrondi à l'entier supérieur strict.

Sur le module sans mention, 75 % de 75 questions valent 56,25. Il faut donc strictement davantage, soit 57 bonnes réponses sur 75. Sur le module d'extension à la mention, 75 % de 35 questions valent 26,25 : il faut 27 bonnes réponses sur 35.

Ce calcul est une conversion arithmétique du seuil réglementaire, pas un chiffre publié par un organisme. Il est donné parce qu'il est vérifiable, et parce que la différence entre « au moins 75 % » et « plus de 75 % » se joue sur une question.

« Non fractionnable » et « en continu » : deux contraintes de temps distinctes

Ces deux textes emploient des formulations différentes pour interdire la même chose : le découpage de l'épreuve.

Dans l'arrêté du 1er juillet 2024, chaque module de l'examen théorique ne peut pas être fractionné. Un candidat ne peut donc pas valider une partie du module sans mention à une session et le reste à une autre : le module se joue en une fois.

Dans l'arrêté du 20 juillet 2023, la contrainte est exprimée en durée : les 90 minutes du module sans mention et les 45 minutes du module d'extension sont en continu. Il n'y a pas de découpage en blocs chronométrés séparés.

Cette contrainte est la raison pour laquelle un entraînement par séries courtes ne suffit pas à préparer le format réel : le paramètre à travailler n'est pas seulement la question, c'est la tenue sur la durée complète du module.

Conséquence pratique : vérifiez les modalités de votre organisme certificateur

Si vous préparez l'un des cinq domaines de l'arrêté du 1er juillet 2024, aucun paramètre chiffré ne vous est opposable avant que vous ne connaissiez celui de votre organisme. Les éléments à obtenir auprès de lui, par écrit, avant d'engager la démarche, sont les suivants.

  • Le nombre de questions du module sans mention et, le cas échéant, du module d'extension à la mention.
  • La durée allouée à chaque module.
  • Le seuil de réussite retenu, et son mode de calcul.
  • Les conditions et le délai d'une nouvelle tentative en cas d'échec : l'arrêté du 1er juillet 2024 ne les réglemente pas.
  • Les modalités matérielles de passage : lieu, surveillance, support numérique ou papier.

Ce que nos examens blancs affichent, et pourquoi

Sur les cinq domaines de l'arrêté du 1er juillet 2024, chaque examen blanc porte la mention explicite : format observé au référentiel public d'un organisme accrédité, non fixé par l'arrêté. Le nombre de questions et la durée retenus sont un ordre de grandeur d'entraînement, pas une reproduction d'un examen officiel.

Sur le DPE, l'examen blanc reprend les paramètres réglementaires (75 questions, 90 minutes en continu, seuil de plus de 75 %) parce qu'ils sont fixés par le texte et vérifiables par n'importe qui.

Aucune de nos questions ne provient d'une banque d'organisme certificateur ni du référentiel national du DPE. Elles sont rédigées à partir des textes publics et portent chacune l'article dont elles découlent, avec sa date de revue. Le détail des formats par domaine figure sur les pages de domaine, notamment DPE et amiante ; les banques sont accessibles depuis la page entraînement.

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