Trois rendez-vous au minimum sur un cycle de sept ans
Obtenir un certificat n'ouvre pas sept années sans contrôle. L'annexe I, § 4.4 de l'arrêté du 1er juillet 2024 impose à l'organisme certificateur trois catégories d'opérations pendant le cycle, dont deux sont documentaires et une se déroule sur site.
La première est une opération initiale de surveillance documentaire, réalisée pendant la première année du cycle, sauf lorsque le cycle résulte d'un renouvellement, auquel cas elle n'a pas lieu d'être.
La deuxième est au moins une opération de surveillance documentaire entre le début de la deuxième année et la fin de la sixième année.
La troisième est un contrôle sur ouvrage, réalisé sur site.
Ce sont des minima. Un organisme peut en programmer davantage, notamment à la suite d'une non-conformité.
- Année 1Opération initiale de surveillance documentaire
Sauf si le cycle résulte d'un renouvellement (annexe I, § 4.4).
- Années 2 à 6Au moins une opération de surveillance documentaire
Entre le début de la deuxième année et la fin de la sixième année.
- Avant la demande de renouvellementContrôle sur ouvrage sur site
Valable sept ans, sur l'ensemble des domaines certifiés (annexe I, § 4.4.2).
Ce que vérifie la surveillance documentaire
L'annexe I, § 4.4.1 énumère précisément ce que l'organisme contrôle à chaque opération documentaire. La liste est courte, et chacun de ses items est une pièce à produire.
- La mise à jour des évolutions techniques, législatives et réglementaires, établie par la preuve de la formation continue suivie.
- L'exercice réel de l'activité, par la fourniture d'au moins cinq rapports établis sur les douze derniers mois.
- La souscription de l'assurance de responsabilité professionnelle au sens du deuxième alinéa de l'article L. 271-6 du code de la construction et de l'habitation.
- La conformité d'un échantillon d'au moins cinq rapports (ou quatre pour l'opération initiale) sélectionné par l'organisme et comportant au moins un rapport par type de mission réalisé.
- Pour l'amiante et depuis le 1er janvier 2025, la preuve du dépôt des rapports dans l'application SI-Amiante au titre des deuxième et troisième alinéas de l'article R. 1334-23 du code de la santé publique.
- L'état de suivi des réclamations et des plaintes.
Le contrôle sur ouvrage : mission tirée au sort, deux jours ouvrables de préavis
Le contrôle sur ouvrage est l'opération la plus exigeante du cycle, et ses modalités sont fixées par l'annexe I, § 4.4.2.
Il se déroule sur site, en situation réelle, et porte sur l'ensemble des domaines pour lesquels la personne est certifiée. Le diagnostiqueur transmet à l'organisme un planning de ses interventions ; l'organisme choisit aléatoirement la mission qui sera contrôlée et la lui communique deux jours ouvrables avant. Il n'y a donc pas de mission de démonstration préparée à l'avance.
Trois caractéristiques distinguent ce contrôle d'une simple visite. Il porte sur une mission commerciale ordinaire, avec un vrai client et un vrai bâtiment, et non sur un cas d'école. Il couvre tous les domaines certifiés à la fois, ce qui signifie qu'un diagnostiqueur certifié sur cinq domaines engage ses cinq certificats sur une même intervention. Et le préavis de deux jours ouvrables interdit toute préparation spécifique : ce qui est observé est la pratique habituelle.
Le contrôle doit être réalisé avant la demande de renouvellement, et il est valable sept ans : sa durée de validité est donc calée sur celle du certificat lui-même. Lorsque le diagnostiqueur détient une mention, un contrôle sur ouvrage est réalisé dans le périmètre de cette mention : étendre son périmètre étend la surface contrôlée.
La clause contractuelle que l'arrêté impose au diagnostiqueur
Un point de l'annexe I, § 4.4.2 concerne directement la rédaction des contrats de diagnostic, et il est rarement commenté : le diagnostiqueur doit stipuler dans ses contrats qu'il peut être accompagné d'un examinateur, afin que l'accès au site ne puisse pas lui être refusé.
Cette obligation est structurelle. Sans cette clause, le donneur d'ordre ou l'occupant peut légitimement refuser la présence d'un tiers, et le contrôle sur ouvrage devient impossible à réaliser dans le délai de deux jours ouvrables. C'est une exigence à traiter au moment de la rédaction des conditions générales, pas au moment de la notification du contrôle.
Elle éclaire aussi la logique d'ensemble du dispositif : le contrôle sur ouvrage ne repose pas sur la bonne volonté ponctuelle d'un client, mais sur une stipulation permanente que le diagnostiqueur a l'obligation d'insérer en amont. Un contrat type qui ne la comporte pas est un défaut de conformité qui ne se révèle qu'au pire moment, deux jours avant un contrôle notifié.
Les suites d'une non-conformité
L'annexe I, § 4.4.3 organise la gradation des suites, et elle est courte.
Un contrôle sur ouvrage qui révèle des non-conformités déclenche un nouveau contrôle sur ouvrage. Si ce second contrôle révèle également des non-conformités, l'organisme suspend ou retire le ou les certificats concernés.
Toute décision est notifiée dans un délai de deux mois au maximum.
La mécanique est donc à deux coups, sans marge au-delà. Elle porte par ailleurs sur l'ensemble des domaines certifiés, ce qui signifie qu'une difficulté sur un domaine peut affecter plusieurs certificats détenus par la même personne.
La portée économique de cette gradation mérite d'être posée clairement. Une suspension ou un retrait interrompt l'activité sur le ou les domaines concernés, et le contrôle sur ouvrage devant être satisfait avant la demande de renouvellement, un second contrôle non conforme en fin de cycle peut aussi compromettre le renouvellement lui-même. C'est la raison pour laquelle cette opération, plus que toute autre, structure le calendrier interne d'un cabinet.
Le régime du DPE : six opérations, sensiblement plus dense
Le diagnostic de performance énergétique suit un régime de surveillance propre, fixé par l'annexe I, § 2.5 de l'arrêté du 20 juillet 2023, et nettement plus dense que celui des cinq autres domaines : six opérations sur le cycle de sept ans.
Trois sont des contrôles documentaires, positionnés en années 2, 4 et 6. Un contrôle sur ouvrage est réalisé en cours de mission dès la première année, après que le diagnostiqueur a réalisé un minimum de vingt missions. Deux contrôles sur ouvrage supplémentaires sont réalisés après diagnostic, en années 3 et 5.
Depuis l'arrêté du 16 juin 2025 s'y ajoute un dispositif automatisé : une analyse statistique des anomalies signalées par l'ADEME, susceptible de déclencher des contrôles adaptés dans un délai d'un mois. Le déclencheur n'est plus seulement calendaire, il est statistique.
| Régime | Opérations sur le cycle | Contrôle sur ouvrage |
|---|---|---|
| Cinq domaines : arrêté du 1er juillet 2024 | Au moins 2 opérations documentaires (année 1, puis entre les années 2 et 6) | 1 contrôle sur ouvrage, avant la demande de renouvellement |
| DPE : arrêté du 20 juillet 2023 | 6 opérations : documentaires en années 2, 4 et 6 | 1 en cours de mission en année 1 (après 20 missions), puis 2 après diagnostic en années 3 et 5 |
Amiante : le dépôt dans SI-Amiante est contrôlé depuis le 1er janvier 2025
Une obligation récente s'est ajoutée au contenu de la surveillance documentaire pour le seul domaine amiante. Depuis le 1er janvier 2025, l'organisme certificateur contrôle la preuve du dépôt des rapports dans l'application SI-Amiante, au titre des deuxième et troisième alinéas de l'article R. 1334-23 du code de la santé publique.
C'est une exigence de traçabilité, distincte de la conformité technique du rapport lui-même : un rapport techniquement irréprochable mais non déposé constitue un manquement contrôlable. Le périmètre du domaine amiante est décrit sur sa page dédiée.
Ce que la surveillance n'est pas : un examen théorique
Aucune des opérations décrites ci-dessus ne comporte de questionnaire à choix multiples. La surveillance porte sur des rapports produits, sur des preuves administratives et sur une mission réalisée en conditions réelles.
C'est cohérent avec le renouvellement lui-même, qui repose sur un examen documentaire et un examen pratique sans examen théorique ; voir la fiche Renouvellement de la certification : sept ans, et plus d'examen théorique.
L'entraînement au QCM proposé sur ce site s'adresse donc à la certification initiale et à l'extension de périmètre, pas au passage des opérations de surveillance. Nous n'avons rien à vendre à un diagnostiqueur qui prépare son contrôle sur ouvrage, et nous préférons l'écrire.